Histoire de Frédéric-Fontaine

Malgré l'existence antérieure de quelques vestiges d'habitations et d'une voie romaine en "forêt du Chérimont", on peut affirmer sans ambiguïté que la véritable naissance de Frédéric-Fontaine date de la fin du 16ème siècle.
Le lieu propice à l'édification du village fut désigné dès 1586 par le prince Frédéric de Würtemberg. Egaré dans sa forêt du Chérimont lors d'une partie de chasse, il aurait été retrouvé par sa suite près d'une source fraîche et abondante. Il projeta alors d'édifier, sur ces terres humides et boisées "des Grandes Noyes", un village qui porterait son nom...
C'est ainsi qu'un échange est intervenu cette même année à Clairegoutte:

La communauté de Clairegoutte céda au prince les bois "des Grandes Noyes" et de la "Perroye" contre le bois du May et un droit de pâturage dans le bois de "la Récompense".

Le village fut donc créé le 16 juillet 1588, par la signature d'un acte d'accensement. C'est le prince Frédéric de Würtemberg et les 16 premiers chefs fondateurs qui donnèrent ainsi naissance à ce "Nô Velaidge" (nouveau village, en patois).

(Le quatrième centenaire de ce village (1588-1988) a d'ailleurs été célébré les 16 et 17 juillet 1988 au village.)

Identifié sous le nom de "Friderichsbron", Frédéric-Fontaine constituait alors une terre d'asile pour ces 16 réfugiés huguenots, victimes des persécutions antiprotestantes (en Lorraine ducale, Franche-Comté bourguignonne et en Champagne française) en cette époque des guerres de religions en France et en Europe.

Le prince Frédéric vit sans doute là l'occasion de rapprocher le village de Clairegoutte du château d'Etobon, dont cette localité était séparée par l'immense rempart naturel que constitue la forêt du Chérimont. Il permit d'assurer par la même un peuplement plus conséquent sur ce territoire boisé.

En 1590, ce sont 11 autres familles de réfugiés des mêmes régions qui vinrent s'établir au "Nô Velaidge". Il prêtèrent eux aussi serment de fidélité au prince Frédéric contre les terrains à bâtir et à cultiver, cédés dans le cadre d'un second acte d' accensement inspiré du premier. Chacun reçut ainsi à titre d'accensement perpétuel et irrévocable quelques 60 journaux de bois à défricher et 4 à réduire en pré (soit 16 ha au total).

Les fidèles sujets demeureraient également quittes de toutes charges et prestations durant 4 années.

Passé ce délai, le prince entendait bien ménager ses intérêts sans faire preuve d'une générosité trop excessive.

L'arrivée des soldats lorrains (1633) qui saccageaient et volaient, ralentit très fortement l'essor démographique du village.

Sans compter de plus que la guerre qui suivit (#guerre de 30 ans) le dépeupla quasi-totalement. En 1642, Frédéric-Fontaine n'abritait pas plus de 42 habitants.

Le village finit enfin par se relever lorsqu'y arrivèrent de nouvelles familles en 1662. De nouvelles têtes qui semblaient motivées par l'engagement pris par le comte de Montbéliard, de dispenser de dîmes et impôts ceux qui viendraient s'installer dans ses états.

La population atteint 82 personnes en 1688, et 202 en 1728.

Au 18ème siècle, des paysans s'établirent sur les fermes et les terres du prince. Ces fermiers anabaptistes avaient une "cote de popularité" des plus discutées. Malgré cela, leur venue au village bouleversa de manière impressionnante les méthodes agricoles du moment.

Frédéric-Fontaine aura fait partie du Comté de Montbéliard et de la seigneurie d'Etobon jusqu'au rattachement de ces états à la France et au département de la Haute-Saône, le 10 octobre 1793.

 






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